La formation en psychothérapie conduit à un titre protégé : pour l’obtenir, il faut un master de psychologie ou de psychanalyse, ou un doctorat en médecine, puis une formation en psychopathologie clinique d’au moins 400 heures, un stage et l’inscription au registre de l’ARS. Le parcours change selon le diplôme de départ, et une voie sans titre protégé existe pour les personnes qui ne remplissent pas ces conditions.
Le titre de psychothérapeute et ce qui le distingue des autres métiers
Le titre de psychothérapeute est encadré par la loi, et le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, modifié depuis, en fixe les conditions. L’utiliser sans y avoir droit est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende, au titre de l’article 433-17 du Code pénal.
Ce titre ne se confond pas avec ceux de psychologue, de psychiatre ou de psychanalyste. Un psychiatre est un médecin, un psychologue détient un master de psychologie, et chacun peut ensuite demander l’inscription au registre.
La protection du titre ne rend pas la psychothérapie interdite à tous les autres : elle interdit de se présenter comme psychothérapeute sans figurer au registre. Un psychiatre ou un psychologue accompagne des patients dans le cadre de son propre diplôme.
Quel diplôme pour être psychothérapeute
L’accès à la formation est réservé aux titulaires d’un doctorat en médecine ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse. Un bachelor, un BTS ou un master d’une autre discipline ne suffisent pas, quelle que soit l’expérience acquise.
Pour une personne en reconversion, la première question est donc celle du diplôme en poche. Un master de psychologie demande des années d’études, tandis qu’un médecin peut s’appuyer sur son doctorat. Les médecins qui souhaitent compléter leur cursus peuvent consulter notre page sur le diplôme interuniversitaire des médecins, qui explique ce type de formation complémentaire.
| Diplôme de départ | Ce qui change dans le parcours |
|---|---|
| Doctorat en médecine | Accès à la formation ; les psychiatres sont dispensés de la formation complémentaire |
| Master de psychologie | Accès à la formation ; l’allègement éventuel se vérifie dans le décret |
| Master de psychanalyse | Accès à la formation ; mêmes vérifications sur les dispenses |
| Autre diplôme | Pas d’accès au titre ; la voie psychopraticien reste ouverte |
Psychopathologie clinique : 400 heures, stage et dispenses
La formation théorique en psychopathologie clinique compte au moins 400 heures. Elle est suivie d’un stage pratique d’au moins 5 mois, réalisé dans un établissement autorisé. Le lieu de stage ne peut pas être le lieu de travail de la personne en formation.
Les dispenses dépendent du diplôme. Les psychiatres sont dispensés de la formation complémentaire. Pour les autres médecins, les psychologues et les psychanalystes, l’allègement porte sur le nombre d’heures ou sur la durée du stage, et il se vérifie dans l’annexe du décret en vigueur avant toute inscription.
Le stage se prépare tôt : il doit se dérouler dans un établissement autorisé, et le lieu ne peut pas être celui où la personne travaille déjà. Un salarié en poste dans une structure de soins doit donc chercher un lieu de stage ailleurs.
Une personne qui change de voie après plusieurs années de carrière doit aussi compter avec le temps de présence : les 400 heures de théorie et le stage se concilient difficilement avec un emploi à temps plein, et la formation à distance sert alors surtout à alléger la partie théorique.
Chaque candidat gagne à demander à l’organisme de formation, par écrit, quelle dispense s’applique à son diplôme. La réponse conditionne le coût et la durée du parcours.

Où se former : université ou établissement agréé
La formation est dispensée par des universités et des établissements agréés. Avant de s’engager, il faut s’assurer que l’organisme est bien habilité à délivrer cette formation : une attestation d’un organisme non agréé ne sera pas retenue par l’ARS.
Un contrôle simple évite les mauvaises surprises : demander à l’organisme la preuve de son agrément avant de verser des frais d’inscription. Le justificatif de formation fait partie des pièces du dossier d’enregistrement, et il doit donc être recevable.
La formation à distance existe pour la partie théorique, mais le stage reste obligatoirement en présentiel. Les parcours vers le métier de psychologue passent aussi par le Cnam, dont les conditions d’accès sont propres à chaque cursus.
Coût, durée et financement de la formation
Le coût d’une formation universitaire en psychopathologie clinique et celui d’une formation privée de psychopraticien varient fortement d’un organisme à l’autre. Les tarifs se demandent directement aux universités et aux écoles, car aucune grille nationale n’existe.
La durée totale additionne les 400 heures de théorie, un stage d’au moins 5 mois et, pour qui part de zéro, les années de master qui ouvrent l’accès. Pour un salarié en reconversion, c’est un projet de plusieurs années, à poser dès le départ avec son employeur ou son conseiller.
Plusieurs pistes de financement existent pour une reconversion :
- Le compte personnel de formation, si la formation est éligible. Les conditions d’accès au compte formation sont détaillées sur notre site.
- Les aides prévues pour les demandeurs d’emploi et les salariés en projet de transition, que présentent les démarches pour faire financer sa formation.
Inscription au registre de l’ARS et installation
Une fois la formation validée, la demande d’enregistrement se dépose auprès de l’ARS de la région de résidence, par formulaire en ligne. Le dossier comprend une pièce d’identité, un justificatif de diplôme et un justificatif de formation en psychopathologie clinique, sauf dispense.
Le directeur de l’ARS évalue le dossier et rend une décision d’acceptation ou de refus. En cas d’accord, la personne est inscrite au registre national des psychothérapeutes, ce qui entraîne aussi son inscription au RPPS.

Le directeur de l’ARS peut refuser l’enregistrement : le dossier doit donc réunir chaque justificatif demandé, y compris celui de la formation en psychopathologie clinique lorsqu’aucune dispense ne s’applique.
L’ouverture d’un cabinet vient après l’inscription : le titre s’obtient d’abord, l’installation libérale se prépare ensuite.
Psychopraticien : la voie sans titre protégé
Le psychopraticien exerce une profession non réglementée, sans diplôme obligatoire et sans inscription au RPPS. Il ne peut ni poser de diagnostic ni prescrire de médicaments, et il ne peut pas se présenter comme psychothérapeute.
Les formations existent dans des écoles privées, de durée et de contenu très variables. Comme le titre n’est pas encadré, le choix de l’école repose sur la durée de la formation, la supervision proposée et le nombre d’heures de pratique. Pour qui cherche un autre métier de l’accompagnement, la page sur le métier de conseiller en évolution professionnelle présente une voie voisine.
Cette absence d’encadrement a une conséquence pratique pour les clients comme pour les futurs praticiens : aucun registre ne permet de vérifier un parcours, et la qualité d’une formation ne se juge que sur son programme et ses intervenants. Avant de s’inscrire, il vaut mieux demander le contenu détaillé des cours, la part de pratique encadrée et le profil des formateurs.
Un psychopraticien qui se présente comme psychothérapeute sans être inscrit au registre s’expose aux sanctions de l’article 433-17 du Code pénal : un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, ainsi qu’une interdiction de cinq ans d’exercer comme prestataire de formation professionnelle.

