2 100 places offertes, 45 000 candidatures déposées : la sélection pour entrer en médecine n’a rien d’une formalité. Si le numerus clausus a disparu, la pression sur les candidats, elle, n’a pas faibli. Deux voies d’accès, PASS et LAS, se partagent désormais la scène et imposent leur lot de choix déterminants dès le lycée.
Les décisions à prendre dès la terminale sont décisives : chaque choix d’orientation façonne la suite du parcours et conditionne les chances d’admission. D’un établissement à l’autre, les critères pour accéder à médecine évoluent : quotas, taux de réussite, nature des épreuves, tout varie. Les étudiants naviguent alors entre disparités, concurrence, et stratégies à affiner.
Études de médecine : panorama des voies d’accès après le bac
La refonte des études de santé a rebattu les cartes de l’accès aux filières MMOPK : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie. Deux portes principales se présentent après le bac : le PASS (parcours d’accès spécifique santé) et la LAS (licence avec option accès santé).
Le PASS jette les étudiants dans le grand bain de la santé : la majeure santé occupe l’essentiel de l’emploi du temps, et une mineure (droit, biologie, maths…) vient compléter la formation. Cette filière, très exigeante, s’adresse en priorité aux profils scientifiques de terminale, notamment ceux ayant conservé des spécialités comme maths ou physique-chimie. La première année se joue sur des examens de haut niveau, qui ouvrent, ou ferment, la porte de la deuxième année de médecine, pharmacie, dentaire, etc.
La LAS, quant à elle, séduit par sa polyvalence. L’étudiant s’inscrit d’abord en licence classique, sciences, droit, lettres, selon ses goûts, et y ajoute une option santé. En cas d’échec au concours d’entrée en deuxième année de médecine, il peut continuer dans sa filière principale. Un choix raisonné, qui attire de plus en plus de bacheliers en quête de sécurité et de double compétence.
Voici, en résumé, les atouts et caractéristiques de chaque voie :
- PASS : dominante santé, sélection sur une année, accès direct possible aux études médicales pour les plus performants.
- LAS : licence disciplinaire avec option santé, candidature possible à plusieurs moments du cursus, poursuite d’études garantie en cas de non-admission en santé.
Toute l’orientation passe par Parcoursup, la plateforme nationale. Chaque université fixe chaque année le nombre de places disponibles en deuxième année, le fameux numérus apertus, selon les besoins et les moyens locaux. Ce système vise à adapter l’offre au niveau régional tout en maintenant la sélectivité nécessaire pour former les futurs soignants.
PASS ou LAS : comment choisir la licence qui vous correspond vraiment ?
Entre PASS et LAS, le choix n’a rien d’anodin. Il s’agit de mesurer à la fois son ambition, son goût pour le challenge, et sa tolérance au risque. Le PASS s’adresse à celles et ceux qui veulent plonger sans filet dans l’univers médical : majeure santé, rythme soutenu, sélection intense à la fin de l’année, mais aussi possibilité de bifurquer grâce à la mineure disciplinaire si le projet évolue ou si la sélection bloque la route.
La LAS (licence accès santé) joue une autre carte : celle de la progression par étapes. On choisit d’abord une licence qui plaît (biologie, droit, lettres…), à laquelle s’ajoute l’option santé. Ce parcours séduit les profils prudents ou curieux, qui veulent garder la main sur leur avenir même si la médecine ne s’ouvre pas du premier coup. Un point fort : la candidature vers la santé reste possible en L1, L2 ou L3, offrant plusieurs fenêtres d’opportunité.
Pour clarifier les différences et aider à s’orienter, voici les points saillants de chaque filière :
- PASS : immersion santé immédiate, sélection très vive en fin d’année, possibilité de réorientation selon la mineure choisie.
- LAS : licence principale hors santé, option santé complémentaire, plusieurs chances d’intégrer la filière médicale tout au long du parcours.
Sur Parcoursup, il faut affûter son dossier : exposer un projet clair, prouver ses aptitudes académiques, et montrer qu’on a compris les attendus spécifiques de chaque université. Pour les étudiants internationaux, chaque établissement précise les conditions d’accès, la langue d’enseignement, et le niveau scientifique requis. Avant de trancher, évaluez votre capacité à travailler seul, à vous organiser, et à rebondir selon les résultats obtenus.
Bien choisir sa fac de médecine : critères à prendre en compte et astuces utiles
Opter pour une faculté de médecine ne se limite pas à une question de distance. Le contenu des enseignements, la pédagogie, l’accompagnement, et la vie sur le campus diffèrent d’un établissement à l’autre. À Paris, l’université Paris Cité propose un équilibre solide entre cours magistraux et immersion hospitalière. D’autres universités misent davantage sur la pratique en petits groupes ou sur l’approche clinique dès la première année.
Le tutorat change la donne : ce système d’entraide, souvent animé par des étudiants plus avancés, peut faire la différence sur la réussite en première année. Certains BDE assurent même un accompagnement individuel, comme à Paris Cité. La vie étudiante mérite aussi d’être scrutée : implication associative, choix d’activités, accès aux bibliothèques ou aux installations sportives, tout compte pour garder l’équilibre.
Pensez à ces critères pour affiner votre sélection d’université :
- Renseignez-vous sur l’équilibre entre présentiel et distanciel dans les enseignements.
- Vérifiez la proximité d’un CHU ou d’un centre hospitalier universitaire, indispensable pour les stages.
- Consultez les taux de réussite et d’admission en deuxième année de médecine pour chaque fac envisagée.
Des universités proposent aussi des passerelles vers la masso-kinésithérapie, la pharmacie, l’odontologie ou la maïeutique, étoffant ainsi leurs offres. Pour affiner votre choix, n’hésitez pas à interroger les enseignants, discuter avec des étudiants en place, et parcourir les campus lors des journées portes ouvertes. Rien ne vaut un contact direct avec la réalité quotidienne de la fac de médecine.
Questions pratiques sur l’inscription et le dossier : ce qu’il faut savoir pour éviter les pièges
L’inscription sur Parcoursup démarre dès janvier pour celles et ceux qui visent les études de médecine. Chaque université fixe ses dates, ses exigences, parfois une sélection serrée dès la formulation des vœux. Un dossier complet s’impose : bulletins de première et terminale, appréciations, motivations et projet d’orientation doivent être soignés. Les résultats en maths, physique-chimie, ainsi que la logique du projet, pèsent lourd dans la balance.
Le système a changé de visage : le numérus clausus n’existe plus, remplacé par le numérus apertus. Les universités décident elles-mêmes du nombre de places en deuxième année, ce qui bouscule les stratégies habituelles. Consultez les seuils d’admission des années précédentes, souvent publiés par les universités : cela aide à calibrer ses attentes et anticiper la concurrence. Pour les étudiants issus de PASS ou de LAS, l’accès en deuxième année repose sur la réussite aux examens et l’obtention d’assez de crédits ECTS pour passer le cap.
Quelques conseils pour optimiser votre dossier et éviter les pièges :
- Gardez systématiquement une copie de tous les justificatifs transmis sur la plateforme.
- Valorisez les spécialités scientifiques suivies au lycée pour renforcer votre candidature.
- Réfléchissez à la mobilité géographique : certaines facultés hors grandes villes offrent de meilleures chances d’accéder en deuxième année.
Pour les étudiants internationaux, la procédure se déroule sur un portail parallèle. Prêtez attention aux exigences linguistiques et aux équivalences de diplôme : une omission peut suffire à bloquer le dossier. Face à ces démarches, la vigilance reste votre meilleur allié pour bâtir une candidature solide et avancer sereinement vers la formation médicale.
À chaque étape, un choix, une stratégie, une part d’incertitude. Parcoursup referme ses portes, les classements tombent, et l’été s’ouvre sur les rêves de blouse blanche. Que restera-t-il ? Des convictions affûtées, un horizon à conquérir, et cette certitude : la médecine n’appartient qu’à ceux qui s’y engagent corps et âme.


